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Chrysomèle du maïs : arrêté préfectoral

Arrété préfectoral définsant le périmètre de lutte contre la Chrysomele du maïs et les obligations liées à cette lutte.

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La chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera virgifera, est un petit coléoptère de la famille des Chrysomélidés. Les adultes sont des coléoptères ailés d’environ 7 mm dont le déplacement peut atteindre quelques kilomètres. Ils sont jaunes avec des bandes noires longitudinales sur les ailes . Il existe des variations de coloration entre les sexes et parfois entre les individus, les mâles étant généralement plus foncés. La tête est noire, les antennes presque aussi longues que la longueur du corps et les fémurs postérieurs bordés de noir.Les larves sont des vers minces et cylindriques au corps blanc muni de trois paires de pattes et dont le déplacement est limité. Leur tête est de couleur brune et une plaque de même couleur est présente à l’extrémité opposée du corps. Au troisième et dernier stade, elles mesurent 10 à 18 mm. On les trouve exclusivement dans le sol, sur les racines de maïs.

Origine Petit coléoptère originaire d’Amérique centrale, il est devenu, au cours des années 60, le principal ravageur du maïs en Amérique du Nord. Signalé en Europe centrale en 1992, en France en 2002, les foyers se développent sur ce continent. L’Inra mène des recherches pour comprendre ces invasions, gérer les populations et lutter contre ce ravageur.

Alimentation  : Les adultes et les larves ont des régimes alimentaires distincts. Les adultes, polyphages, se nourrissent en particulier de pollens. Leur régime alimentaire est flexible en fonction du sexe de l’insecte et selon les coïncidences entre la prise de nourriture des insectes, la phénologie du maïs, l’abondance et la diversité des plantes dans l’environnement du maïs. Les larves plus spécifiques et moins flexibles se nourrissent des racines de graminées et tout spécialement de celles du maïs.

Dégats : Les principaux dégâts sont réalisés par les larves L’hôte principal de Diabrotica est le maïs. La nuisibilité directe est due aux larves qui consomment les racines, affaiblissant la plante (photo ci-dessous) et provoquant la verse dans les cas de fortes attaques. En Amérique du Nord, on peut observer jusqu’à 80 % de perte de récolte. Les adultes consomment le pollen des plantes et les soies chez le maïs à partir d’août, pouvant ainsi perturber, dans quelques rares cas, la fécondation de la fleur femelle par le pollen. Ils se nourrissent également de feuillage lorsqu’il n’y a plus de pollen. Le maïs est la seule plante qui subit des dégâts économiques importants par les larves de Diabrotica. L’adulte peut consommer des végétaux de la famille des cucurbitacées (melon, courges, concombre…).

Législation  La chrysomèle des racines du maïs est placée sous surveillance rapprochée pour prévenir son extension. Les moyens de lutte dans les zones atteintes reposent sur la rotation des cultures et les traitements insecticides. Un organisme de quarantaine pour l’Union européenne En France, un arrêté ministériel relatif à la lutte contre Diabrotica a été publié en août 2002, rendant la lutte obligatoire. Il définit les périmètres à traiter en fonction des captures réalisées et fixe les mesures à prendre. C’est le Service de la Protection des Végétaux français qui met en oeuvre les mesures d’éradication et de limitation de progression des foyers. Devant le risque pour les cultures de maïs en Europe, la Commission Européenne a pris des mesures d’urgence et a adopté une directive (2003/766/EC). Diabrotica a été déclaré organisme de quarantaine pour l’Union Européenne. Un organisme de quarantaine est un organisme nuisible dommageable pour l’économie d’une zone menacée et qui soit n’est pas encore présent dans cette zone, soit y est présent, mais à distribution restreinte, et fait l’objet d’une lutte organisée par les services publics, en vue de l’éradiquer.

Lutte Quels sont les moyens actuels de lutte ? En France, le Service de la Protection des Végétaux tente d’éradiquer et de limiter la progression des foyers par deux méthodes de lutte complémentaires :

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- * Les traitement insecticides qui sont obligatoires. Dans un rayon de 10 km autour des points de capture de Diabrotica, on applique à 15 jours d’intervalle 2 traitements aériens (deltaméthrine) anti-adultes pour réduire au maximum les pontes. L’année suivante, dans un rayon de 5 km, un larvicide est appliqué contre les larves, et la semence de maïs doit être traitée. La deltaméthrine Insecticide classé T (toxique aigu) et « très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique » De plus la deltamethrine est classée perturbateur endocrinien selon l’Union Européenne.

- * La rotation des cultures qui consiste à cultiver les parcelles infestées avec une autre culture. La rotation sur 1 ou 2 ans selon les zones a pour objectif de casser le cycle de l’insecte. Du fait de l’absence de maïs l’année suivante sur cette zone, les larves se trouveront privées de leur alimentation. Des populations de Diabrotica résistantes aux rotations qui peuvent pondre ailleurs que dans le maïs, ont été décrites dans la corn belt américaine. La présence de cette résistance dans les populations européennes limiterait l’efficacité de cette méthode de lutte.


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