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10 Jours pour signer

Crolles -  Du 1er Au 8 décembre , 10 Jours pour signer
Crolles  Du 1er Au 8 décembre

Cette année nous serons présents :

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Le samedi 1er décembre à l’Espace Paul Jargot lors du concert de Michel Fugain.

 Les mardi 4, mercredi 5 et vendredi 7 à la Médiathèque de Crolles pendant les heures d’ouverture

Et le samedi 8 décembre chez Artisans du Monde de Crolles de 14h à 18h.

Les dix situations retenues cette année :


LE PEUPLE AUTOCHTONE SENGWER -Kenya

Expulsés avec violence de leurs forêts

Les Sengwer, peuple autochtone du Kenya, vivent depuis des siècles dans l’immense forêt d’Embobut. Apiculteurs et éleveurs de bétails, ils sont expulsés de force par le gouvernement au nom de la «  conservation », pour protéger les forêts et répondre aux changements climatiques. Depuis 2012, les gardes forestiers et la police ont mis le feu à 2 600 maisons. Et quelques 4 500 personnes se sont retrouvées brutalement sans abri. En janvier 2018, un homme de 41 ans a été abattu et un autre gravement blessé lors d’une descente du service forestier. Cette violence est une violation flagrante des ordonnances judiciaires censées protéger cette communauté autochtone.

Évincés de leurs forêts, de leurs maisons, certains Sengwer se retrouvent dans le dénuement le plus total. Les femmes en particulier sont les plus durement touchées, contraintes parfois de s’occuper seule des enfants quand leurs hommes restent dans la forêt ou abandonnent leurs famille.

Le gouvernement prétend qu’il veut réduire la déforestation mais il n’existe nulle preuve que les Sengwer nuisent à la forêt. L’empreinte environnementale de ce peuple est justement très faible et il devrait au contraire être reconnu comme propriétaire, gardien naturel de la forêt d’Embobut.



NONHLE MBUTHUMA - Afrique du Sud

Menacée pour avoir défendu sa terre contre les appétits d’une compagnie minière

Nonhle Mbuthuma est à la tête d’une campagne contre un projet d’extraction de titane qu’une société minière australienne, Mineral Commodities (MRC), cherche à imposer dans la Province du Cap Oriental, en Afrique du Sud. Cette femme d’une quarantaine d’années est membre de la communauté Amadiba qui possède des droits communautaires sur cette terre située dans la région du Pondoland et connue pour sa biodiversité. S’il est autorisé, le projet minier aura pour conséquence l’expulsion forcée d’environ 5 000 personnes, qui perdront ainsi leur foyer, leur moyen de subsistance et leur mode de vie.



PAVITRI MANHJI – Inde

Harcelée parce qu’elle résiste à des grandes entreprises

Pavitri Manhji, cheffe élue du Conseil de village de Bhengari, à Chhattisgarh (centre de l’inde) est en première ligne dans la lutte menée par la communauté autochtone adivasi qui risque d’être expulsée de ses terres pour laisser place à deux centrales électriques. Des villageois affirment avoir été forcés de vendre leur terre à des agents agissant pour le compte de deux entreprises privées. Beaucoup ont ainsi perdu leurs moyens de subsistance sans dédommagement correct. Ayant mobilisé les membres de sa communauté pour déposer près de 100 plaintes officielles, Pavitri subit constamment des actes d’intimidation. Des hommes de main, qui se sont rendus chez elles le 3 avril 2018, lui ont intimé l’ordre de retirer les plaintes contre les deux entreprises et l’on menacée : «  tous ceux qui t’ont aidée à porter plainte sont des étrangers. Ils seront incapables de te sauver et nous les feront taire  ». Ces hommes sont revenus le lendemain et le surlendemain pour faire pression.

Pavitri a signalé ce harcèlement à la police. En vain. Depuis des décennies, les Adivasi sont chassés de leurs terres et leurs droits pourtant reconnus par la loi indienne sont bafoués par des entreprises. Pavitri reste déterminée à résister en aidant les membres de sa communauté à protéger les terres de leurs ancêtres.




MOTHER MUSHROOM – Vietnam

Dix ans de prison pour une blogueuse

Nguyễn Ngọc Như Quỳnh, 38 ans, plus connue sous son nom de blogueuse, Mẹ Nấm (mère Champignon – surnom qu’elle a donné à son premier enfant), a été condamnée à dix ans de prison le 29 juin 2017. Elle est accusée de « propagande contre l’État », au titre de l’article 88 du Code pénal. Les preuves à charges sont fragiles : participation à une manifestation publique, production d’un rapport sur les décès en garde à vue, possession de poèmes jugés critiques à l’égard de l’État. Comme le souligne sa mère : « ma fille a fait quelque chose de normal dans une société anormale  ». Cette militante est l’une des blogueuses les plus influentes du Vietnam. Mẹ Nấm partage sur Facebook des articles sur des sujets comme les violences policières et les questions d’environnement. Elle a notamment publié en ligne des informations concernant un déversement toxique d’une usine sidérurgique qui a tué des milliers de poissons. Elle a aussi cofondé un réseau indépendant de plus de mille blogueurs.

En prison la santé de Mẹ Nấm s’est détériorée de façon inquiétante et elle a entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions déplorables de détention. Sa condamnation injuste reflète le climat de répression à l’encontre des voix critique du pouvoir, sur la base des dispositions légales rédigées de façon très floue



MARIELLE FRANCO – Brésil

Assassinée pour avoir porté la voix des plus vulnérables

Marielle Franco, infatigable militante et conseillère municipale de Rio de Janeiro, a été abattue, avec son chauffeur Anderson Pedro Gomes, le 14 mars 2018, à l’âge de 38 ans. Élevée dans la favela de Maré, ensemble de 16 bidonvilles au Nord de Rio, elle s’était engagée dans la défense des droits humains après la mort d’une amie victime d’une balle perdue dans un affrontement entre des trafiquants et des policiers. La jeune élue, diplômée en sciences sociales avait bénéficié d’une bourse pour poursuivre ses études. Bien connue pour son activisme en faveur des femmes noires, des LGBTI et des jeunes, elle dénonçait en particulier les exactions commises par des forces de l’ordre. « Marielle incarnait les droits qu’elle défendait », a confié sa compagne Monica.

Les éléments de preuves révèlent que le meurtre fut exécuté par des professionnels. Les experts affirment notamment que les cartouches utilisées pour tuer Marielle Franco proviennent d’un lot de munitions ayant appartenu initialement à la Police fédérale. «  Aussi longtemps que nous en aurons la force, nous exigerons que justice soit faite  », a déclaré sa soeur. Avec au moins 70 assassinats de défenseurs des droits humains en 2017, le Brésil est l’un des pays les plus meurtriers au monde et les auteurs de ces violences restent trop souvent impunis.



GERALDINE CHACON – Venezuela

Persécutée pour son action auprès des jeunes

Geraldine Chacòn, jeune avocate, dirige un programme de la fondation Ambassadeurs communautaires, une ONG vénézuélienne fondée en 2008 par des étudiants pour travailler auprès des jeunes en difficulté dans des zones marginalisées. Des agents du Service bolivarien de renseignement (Sebin) l’ont arrêtée le 1er février 2018 à son domicile sous prétexte d’un entretien, sans mandat d’arrêt. Géraldine a été adoptée par Amnesty comme prisonnière d’opinion. Après quatre mois d’emprisonnement arbitraire, dans des conditions sanitaires déplorables, elle a été libérée sous condition en juin mais ne peut quitter le pays et son cas reste ouvert.

Née en 1993, Geraldine a siégé dès 14 ans dans une institution locale pour la jeunesse puis fondé et coordonné le Réseau local jeunes d’Amnesty International à l’Université métropolitaine de Caracas. L’arrestation de la jeune femme semble liée à ses responsabilités au sein de la fondation Ambassadeurs communautaires. L’ONG a été mentionnée par un haut représentant de l’État le 17 janvier 2018 dans l’émission télévisée « Con el Mazo Dando  » au cours de laquelle dissidents, défenseurs des droits humains, opposants politiques sont régulièrement harcelés et attaqués. Comme Geraldine, de nombreux militants pacifistes sont quotidiennement confrontés à des intimidations, au harcèlement, et à des descentes des forces de sécurité.



GULZAR DUISHENOVA – Kirghizistan

Elle se bat pour les personnes handicapées

Gulzar Duishenova est une battante. En 2002, elle perd l’usage de ses jambes à la suite d’un accident de la route impliquant un conducteur en état d’ivresse. L’année suivante, son mari meurt subitement et elle se retrouve seule pour éduquer ses deux jeunes enfants. Plus tard, elle fait la connaissance d’autres personnes handicapées qui, confrontées aux mêmes problèmes sur leurs lieux de vie ou de travail, se sont organisées, à Bichkek la capitale. Gulzar s’est alors donné pour mission d’aider les personnes handicapées à vivre dignement et à se déplacer librement. Elle rencontre des responsables, organise des formations pour les chauffeurs de bus, incite à l’action sur les réseaux sociaux…. Cependant, les obstacles restent nombreux : la jeune femme a besoin d’aide pour descendre les escaliers chez elle, sa rue est percluse de nids de poules… Au quotidien, Gulzar est également confrontées à une double discrimination en tant que femmes dans une société pétrie de valeurs patriarcales et en tant que personne handicapée considéré comme « invalide » atteinte d’une maladie incurable.



VITALINA KOVAL – Ukraine

Attaquée parce qu’elle défend les droits des LGBTI

Vitalina Koval défend avec détermination l’égalité pour tous et toutes en Ukraine. Elle coordonne notamment le travail d’un centre social à Oujgorod, sa ville natale, destiné aux personnes LGBTI.

Le 8 mars 2018, alors qu’elle a organisé une manifestation à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes en Ukraine, six membres du groupe radical « Karpatska Sich » l’ont aspergée de peinture rouge. Des éclaboussures de peintures lui ont provoqué des brûlures aux yeux. «  Pendant de longues minutes, j’ai eu mal et n’arrivais pas à chasser de mon esprit l’idée que je pouvais perdre la vue  », a-t-elle confié. À sa sortie d’hôpital, Vitalina s’est rendue au poste de police. Il a fallu qu’elle insiste plusieurs heures pour que sa plainte soit qualifiée d’infraction « motivée par la haine ». Ses agresseurs arrêtés ont pu l’entendre décliner son adresse à haute voix avant d’être relâchés. Par la suite, Vitalina et d’autres militantes ont reçu de nouvelles menaces, et certaines affirment avoir été tabassées. Il n’y pas eu d’enquête effective sur cette attaque du 8 mars qui s’inscrit dans un contexte de regain de violences de la part de groupes locaux d’extrême-droite. Se présentant comme patriotes et nationalistes, ils perturbent les débats publics, menacent les journalistes et agressent les militants comme Vitalina. Trente agressions similaires ont été recensées par Amnesty International depuis le printemps 2017 dans un climat d’impunité presque total.



ATENA DAEMI – Iran

En prison pour s’être prononcée contre la peine de mort

Atena Daemi milite pour l’abolition de la peine capitale en Iran. Cette trentenaire a posté des messages sur Facebook et Twitter critiquant le nombre record d’exécutions dans son pays (507 en 2017 selon Amnesty International). Elle a également distribué des tracts et participé à des manifestations pacifiques contre l’exécution d’une jeune femme. Ces activités ont été qualifiées de criminelles lors de son procès qui n’a duré que…quinze minutes. Déclarée coupable de charges forgées de toutes pièces, liées à la sécurité nationale, notamment de « rassemblement et collusion en vue commettre des infractions compromettant la sécurité nationale », Atena a écopé de sept ans de prison. En détention, elle a été battue, aspergée de poivre, contrainte à l’isolement cellulaire. Tenace, elle poursuit son combat pour les droits humains. Début 2018, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre son transfert dans la prison tristement célèbre de Shahr-e Rey à Varamin, à l’extérieur de Téhéran.

Sa situation est emblématique de la répression à l’encontre de ceux qui luttent pour un pays plus juste. Des dizaines de défenseurs sont ainsi jetés en prison et beaucoup d’autres placés sous surveillance, soumis à des interrogatoires et à d’interminables poursuites visant à les réduire au silence.



NAWAL BENAISSA – Maroc

Harcelée parce qu’elle revendique une vie meilleure dans le Rif

Nawal Benaissa, mère de quatre enfants, est devenue l’une des principales voix du Hirak, un mouvement social qui secoue le Rif. Dans cette région septentrionale du Maroc, beaucoup d’habitants se sentent délaissés par l’État et réclament davantage d’investissements. Se joignant aux manifestants, Nawal a également essayé de mobiliser sur les réseaux sociaux, à travers de petites vidéos publiées sur Facebook. Selon elle, hommes et femmes sont confrontés aux mêmes difficultés dans le Rif : le chômage, le manque d’infrastructures, la hogra (l’arbitraire).

Les autorités marocaines n’ont cessé de harceler la militante pour tenter de la réduire au silence : elles l’ont arrêtée et placé en détention à quatre reprises en l’espace de quatre mois, et lui ont intimé de fermer son profil Facebook qui comptait 80 000 abonnés.

En février 2018, elle est finalement condamnée à dix mois de prison avec sursis et à une amende pour « incitation à la sédition ». Elle a fait appel de ce verdict mais les pressions se poursuivent et pour éviter la surveillance constante, elle a dû déménager dans une autre ville.

La situation de Nawal fait écho à celle de centaines de manifestants pacifiques arrêtés par les forces de sécurité, parfois simplement pour avoir exprimé leur soutien au mouvement Hirak lourdement réprimé. La jeune femme souhaite être libre de se battre pour un avenir meilleur. Pour sa communauté et pour ses enfants.


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